
| NFT : Il y a une question que l'on vous a
souvent posée. Voyons si vous pouvez faire une réponse différente. Quelle est la
différence entre jouer live avec James Brown et George Clinton ? MP (Rires) Les deux sont un grand plaisir. Quand James Brown
était LE James Brown au sommet de sa carrière c'était comme. Quand vous avez atteint un
certain degré d'ébullition dans l'excitation et le plaisir, vous ne pouvez tout
simplement pas aller au delà. C'est plutôt comme un match de boxe. Une fois que vous
avez mis le gars KO, pourquoi le frapper et le frapper encore, c'est fini. J'ai atteint ce
point d'ébullition à la fois avec James Brown et George Clinton, spécialement lorsque
nous faisions atterrir le vaisseau spatial sur scène [vers la fin des années 70 durant
le Mother Ship Show avec ParliaFunkadelic] et quand nous avions encore Glenn Goins. Nous
avons toujours beaucoup de plaisir, mais je ne peux penser à un autre moment qui soit
aussi excitant, quand le niveau d'excitation atteint l'ébullition et même au delà,
avant que nous fassions atterrir le vaisseau. Regarder et voir la ferveur du public.
C'était une sorte d'excitation visible que vous pouviez presque toucher quand les gens
voyaient ce vaisseau atterrir et George Clinton en sortir comme s'il venait vraiment de
l'espace. NFT : Avec George, c'est "ne soit pas une apparence, soit une attitude" MP : Tout juste, exactement. NFT : Comment comparez vous le travail en studio ? MP : La plupart du temps, quand James enregistrait,
c'était comme un live. Ce qui arrivait c'est que , [avant les concerts] nous répétions
et faisions la balance chaque jours à 6 heures. C'était obligatoire, ça faisait partie
du boulot. Souvent James était en retard, et vous savez ce que c'est, les musiciens
démarrent toujours une sorte de groove. Le batteur ne peut s'asseoir avec ses baguettes
sans taper sur sa batterie, et le guitariste enchaîne un riff et vous voyez, tout ça.
Donc, quand James Brown arrivait, il y avait toujours un groove qui tournait. Ca a été
le début de nombreux tube de James Brown, juste des grooves commencés par les gars. Il
arrivait et faisait "oh, j'aime ca, on va le faire" ou bien "Maceo, come
play your horn" et il faisait quelques changements et voilà une nouvelle chanson de
James Brown. Il essayait de recréer le même feeling qu'en concert dans le studio et
alors il disait discrètement à l'ingénieur son de mettre le magnéto en marche. NFT : Donc vous n'avez jamais enregistré une section cuivre live en même temps que la section rythmique sur un album P-Funk ? MP : Non, je ne peux pas me rappeler un moment où chacun ne faisait que jouer. NFT : Comment une production comme l'album des Horny Horns est sortie, il était improvisé ? MP : Il était conçu avant que nous arrivions, nous nous sommes assis et avons joué les partitions. Il y avait beaucoup de pistes de Bootsy et nous avons juste mis les cuivres dessus. NFT : Beaucoup de gens se demandent pourquoi vous jouez aussi peu de saxophone dans les concerts européens [avec George Clinton]. MP : Je n'en fais pas vraiment partie. Ce que je recherche, je ne l'aurais vraisemblablement pas en jouant plus dans les shows de George Clinton, si vous voyez ce que je veux dire. Si l'opportunité se présente, George sent que ça peut aider à chauffer l'ambiance si je suis juste là pour faire le clown, seulement par ma présence, un truc dans le genre. Alors d'accord, je le fais. Mais je ne pense pas qu'il y ait réellement besoin d'un Maceo dans le show de George Clinton. NFT : Pouvez-vous vous rappeler quelque chose de spécialement plaisant durant votre récente tournée avec George Clinton ? MP : J'aime vraiment tous les gars. A un moment j'étais comme le leader du groupe et lors de notre séparation j'ai ressenti qu'une partie de notre intimité s'était perdue. Mais d'une façon ou d'une autre, la flamme s'est rallumée durant la dernière tournée. ça a pris du temps de reconstruire l'intimité que j'avais déjà eu avec ces gars-là mais j'y suis arrivé. Je pense que c'est ce que je préfère dans cette dernière chose que j'ai faite avec George Clinton. NFT : Pensez-vous que la magie du vieux MotherShip Show pourrait se retrouver dans le futur, que l'excitation pourra de nouveau atteindre ce niveau que vous décriviez ? MP : Oui. Je pense que ce dont vous avez probablement besoin est un autre gimmick ou peut être à nouveau le vaisseau spatial. Parce que je pense que pas mal de gens ne l'ont pas encore vu atterrir. Il devrait aussi s'articuler avec plus de nouveaux tubes. Mais je pense que ce qui est arrivé est que George Clinton s'est vraiment établi dans le business. Il n'a pas réellement besoin d'un nouveau succès. Ils viennent juste pour le voir faire l'imbécile et déjanter, faire le clown, bondir d'un bout à l'autre de la scène, sauter dans le public. "Make my funk the P-Funk". Ils aiment ça parce que c'est presque à l'opposé d'une certaine manière d'être, presque ! Je crois en prenant un peu de recul et en y regardant bien que c'est ce que le public aime - quelque chose qu'ils ne peuvent pas être, ou n'osent pas être "We be funkin' overhere, over they ain't shit". Qui a le cran de dire ça. "I call my baby pussy, P.U.S.S.Y.", ces trucs. Mais quand c'est fait et dit d'une manière positive du genre "Prenez du bon temps, prenons notre pied" OK ! Cela leur donne de quoi causer. NFT : Parlons de votre propre projet : votre premier album jazz se nomme "Roots Revisited". Avec quel genre de musique avez vous grandi ? MP : J'ai grandi avec le R&B, j'ai entendu James Brown, Ray Charles. Cela m'a interpelé dès le plus jeune âge. Maintenant je voudrais écouter peut-être un peu plus de Charlie Parker ou John Coltrane, mais mon oreille est un peu plus attirée quand j'entend Ray Charles's Band avec David "Fathead" Newman, Hank Crawford et d'autres gars comme King Curtis et Stanley Turrentine. NFT : Tous les musiciens que vous mentionnez font les deux : Jazz et R&B. MP : Oui, mais ce qu'il font en R&B m'intéresse plus. NFT : Comment avez-vous travaillé sur l'album de MENACE ? MP : Quel album c'était ? NFT : DOGHOUSE, une production de Bill Laswell à New York. MP : J'y suis juste allé - quelqu'un a appelé et dit qu'ils avaient besoin de moi pour un solo. Je ne sais pas vraiment grand chose de ce projet. C'était juste une session. Souvent je fais des sessions et je ne sais pas réellement ce qu'ils sont en train de faire. Je ne fais que venir, écouter la piste, faire ce que j'ai à faire et m'en aller. Ils prennent ce qu'ils pensent aller le mieux avec l'artiste. NFT : Vous aimez travailler comme ça ? MP : Oui, des fois. ça dépend de mon humeur. Ca a beaucoup à voir avec le business. Si j'ai besoin de me faire de l'argent rapide pour quelque raison que ce soit, alors je le fais. Sinon je dit : "Je suis trop occupé".
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| Interview: Peter Jebsen |
Offbeat : Alors comment ce sont passées les choses a Seattle, vous avez fait quelques shows là-bas? Maceo Parker: Yeah, yeah, tout s'est passé au poil. L'endroit où nous jouions s'appelle Jazz-Alley. Nous somme arrivés jeudi et nous avons joué jusqu'à samedi. OB: Jazz Alley? Vous soutenez toujours votre théorie du 2 pour-cent jazz, 98 pour-cent funk ? MP: Ouais, je m'éclate avec ça. Ils essayent de rester assis, comme à un café théâtre ou un super club avec une enseigne qui dit Jazz Alley juste devant. Quand nous partons quelqu'un pense probablement qu'il faut changer de nom. Ils aiment ca, mec, nous y avons déjà joué quatre fois, et ils aiment que soyons là parce qu'on a une bande de fans et avant la fin du show on les fait tous sauter et se secouer. Il semblerait qu'ils veuillent réellement faire ca, mais c'est plutôt un truc du genre "Jacques a dit", vous avez besoin d'être commandé pour le faire. OB: Pour sauter et danser ? MP: Yeah, comme "Je n'ai pas vraiment fait ca, mais j'ai été commandé et ce n'est pas de ma faute, j'ai juste suivi les ordres" pour ainsi dire. Vous voyez ce que je veux dire ? OB: Donc c'est ça votre job, les faire se lever et donner leur des ordres ? MP: Exactement, Exactement, dans un endroit comme celui-là. C'est très marrant, très marrant de voir les sourires et tout ça. Et ça va de 7 à 77 ans. OB : Vous devez avoir un public de tous âge ? MP : [Rires] Ouais, et ils se lèvent tous, sautent, sourient, font des vagues avec leur mains et tout ça. OB : Donc vous faites une grande tournée en ce moment MP : Actuellement ceci est la dernière date de concert au USA. Quand nous aurons fini à Seattle, on retournera à la maison et nous nous reposerons pour une semaine. OB : Comment se sont passées les choses en Europe ? J'ai parlé à George Clinton il a deux mois et il m'a dit que vous aviez un gros succès là-bas. MP : Je ne sais pas, mec, il nous aiment vraiment là-bas. J'essaie de comprendre vraiment pourquoi, de mettre le doigt dessus mais j'ai un bon feeling avec les blancs. Les gens sont réellement, réellement dans ce que je fais. Beaucoup de gens aiment indifféremment James Brown, George Clinton, Bootsy et je représente les 3 en quelque sorte et peut être est-ce la raison pour laquelle les gens aiment ce que nous faisons. OB : Excité de revenir à la Nouvelle Orléans ? MP : Oh oui, c'est toujours bien de jouer à la Nouvelle Orléans. Je porte sur moi une veste "House Of Blues" [l'un des plus célèbres clubs de la Nouvelle Orléans - NdT], qui m'a été donnée lors du dernier concert ici. Je vous ai dit pour cette veste, j'en avais réellement besoin d'une comme celle qu'ils ont décidé de me donner. Je ne savais même pas qu'ils en avaient. Et au moment où j'allais sortir en acheter, ma manager s'est retournée et a dit "Ah oui, voilà une veste de la part de House Of Blues". C'était vraiment synchro et c'est devenu la veste N°1 [Rires]. OB : Sur votre dernier album "Southern Exposure" vous aviez une tripotée de musiciens de la Nouvelle Orléans, des membres des Meters, du Rebirth Brass Band. Vous sentez vous une forte affinité musicale avec la Nouvelle Orléans ? MP : Hé Bien, si vous pensez "Music is music" alors, OK. J'aime la musique, tous les différents styles, les différents genres et j'ai pensé que c'était le moment de mettre un parfum de Nouvelle Orléans dans ce que nous faisons d'habitude. C'est comme ça que s'est fait Southern Exposure. J'ai entendu, vous savez, j'ai grandi en écoutant de tout, et dans ce sens la réponse à votre question est "oui" parce que j'ai entendu tout ce qui s'est fait à la Nouvelle Orléans - You name it, I heard it". OB : Quelle a été votre histoire avant de rejoindre les JB's en 64 ? MP : C'était plutôt typique. Mon oncle avait un groupe et ils répétaient chez moi. Et je les regardais jouer en tapant du pied. En vieillissant, on essaye cet instrument-ci, cet instrument-là. Je pensais qu'il y avait beaucoup de fierté à jouer du saxophone, parce que j'avais noté que beaucoup de chanteurs avaient pas mal de solo de sax sur leurs disques. Je pensais qu'il y avait une grande fierté là-dedans, aussi me suis je décidé pour le saxophone. J'ai joué durant toute l'école primaire et secondaire, à la mi-temps des matchs de football, dans les fanfares, des trucs comme ça. J'ai continué à jouer au lycée et je jouais alors avec un orchestre militaire. Mais de l'école primaire à l'orchestre militaire, j'ai toujours fait ce que nous appelons le "Gigging", j'étais toujours dans orchestre, un endroit ou se faire de l'argent et acquérir un peu d'expérience. Il y avait un large éventail de gens qui jouaient, aussi j'étais bien dans ce que je faisais et ce que je voulais faire de Maceo. - quand j'ai rencontré James Brown, une des raisons pour laquelle il s'est décidé à m'utiliser sur tant de chansons, c'est que j'essayais de jouer différemment - Bien, j'ai suivi cette voie, j'essayais d'avoir mon propre style, et James entendait qu'il y avait quelque chose de différent. OB : Vous jouiez alors avec votre frère Melvin, exact ? MP : Oh yeah, on a été embauché le même jour. Tout le temps que je travaillais, il était là. On jouait toujours ensemble, nous avions toujours un groupe. On jouait avec les cousins, les voisins, juste un groupe local, et quand nous allions au lycée, nous retournions avec le groupe quand nous revenions pour les vacances d'été ou à Noël. Aussi, mon frère a toujours été là, son histoire est assez parallèle à la mienne. Il avait l'expérience de ceux qui ont commencé très jeune et était très bon à la batterie. Il essayait d'avoir son propre rythme, son propre style et la même chose est arrivé entre lui et James Brown que ce qui m'est arrivé. James Brown l'a entendu avant moi. Il était fou de mon frère,. Il a enregistré pas mal des premiers hits comme "Papa's Got A Brand New Bag", "I Feel Good" avec James Brown. OB : Quel était la différence entre jouer avec George Clinton et toute la clique Parliafunkadelic et jouer avec les JB's ? MP : C'était très différent. George était "freer". Ce que j'entend par là c'est qu'il n'avait pas de règles ni de systématisme. "Ce n'est que soirée" était l'une de ses devises. Parfois c'était comme si tu recevais une invitation pour une soirée. Avec James Brown, l'invitation disait : "James Brown vous invite à une soirée, tenue de soirée exigée", vous voyez, noud papillon et tout ça. L'invitation de George Clinton aurait pu être : "George Clinton fait une soirée et si une seule chose doit être exigée c'est peut-être les chaussures". Et je suis sérieux. Si vous montiez sur scène avec George en ne portant rien, totalement nu, c'était OK pour lui. Et c'est la manière dont il joue avec son groupe. Parfois je ne sais pas si je suis tout à fait d'accord avec ca, parce qu'il donne au gars trop de latitude. J'aimais certaine des restrictions que nous imposait James Brown parce qu'il essayait d'avoir un certain esprit de famille dans laquelle vous étiez fier de ce que vous faisiez, de ce que vous disiez, de votre show et tout ça. Et vous ne vous faisiez pas de soucis si vous deviez y amener votre mère. Maintenant, vous vous poseriez certaines questions si vous deviez amener votre mère à un show de George Clinton [rires]. Mais aussi loin qu'on puisse aller dans le Funk et l'excitation, c'est à peu près pareil. OB : Est ce que cette atmosphère "Freer" du P-Funk vous aide à évoluer musicalement ? MP : Non, elle me permet seulement de savoir comment d'autre gens le font. En tant que Maceo - ce que je suis et ce que je pense - cela ne m'aide pas tant que ça. J'ai adoré les jours que j'ai passé avec George et Bootsy, mais je pense pas que cela ait changé quelque chose créativement en moi. OB : Et vous, comment managez-vous votre groupe ? Quelque chose entre les deux, un peu moins sérieux que James Brown mais pas aussi libre que George ? MP : Oui, oui, exactement. Nous portons la cravate et le complet et parfois ils ne mettent pas de veste, mais ils portent la cravate. Nous n'avons pas instauré de routine hormis une ou deux répétitions. Les gars ont l'air d'apprécier la manière dont nous faisons les choses. OB : Est ce que Fred Wesley joue avec vous en ce moment ? MP : Non, il a décidé de suivre sa propre voie, de faire connaître un peu plus son nom et d'essayer d'avoir son propre groove. Je ne sais pas s'il a atteint son but, mais je pense qu'il travaille encore dessus. J'ai vu Fred il y a un mois, en fait nous travaillions ensemble chez moi à Kingston parce qu'il faisait un truc particulier pour moi, de retour dans ma Caroline du Nord natale. On me rendait certains honneurs là-bas, c'est pourquoi j'ai fait appel à Fred parce qu'il était dans l'état voisin, en Caroline du Sud et il est venu avec son trombone. Il a toujours dit "Tu sais, s'il arrive une chose vraiment importante et que tu penses que je doive être là, je serais là". On a fait un truc appelé "les oscars de la Fondation du Rythm & Blues", mais jusqu'à maintenant il n'a pas recommencé. OB : Quand vous étiez là l'automne dernier vous aviez les Rebirth à votre disposition et vous avez fait un buff avec eux. Cette fois c'est les Dirty Dozen, pensez-vous refaire quelque chose comme la dernière fois ? MP : J'en doute, juste parce que je les connais pas vraiment. C'est toujours bien de laisser les gens faire leur propre truc. Mais je ne sais pas, si je suis invité jouer avec eux, je le ferais. Mais je dois être invité. OB : Avez vous un nouvel album en préparation ? MP : Hé bien oui, nous avons travaillé sur un peu de matériel. J'ai composé quelques morceaux depuis un an mais nous sommes en discussion avec plusieurs label et j'expérimente les nouveaux morceaux en concert. Depuis que je n'ai plus Fred, je suis obligé de faire quelques changements - Pas tout le concept mais changer un peu - et je pense que vous aimerez ça quand ça sortira [rires]. OB : J'ai une dernière question . Il y a eu quelque shows des JB's avec les Meters en Europe au début des années 90 qui ont été diffusés illégalement. Avez vous déjà pensé à collaborer de nouveau avec les Meters pour un enregistrement live officiel ? MP : Non, je n'y ai pas réellement pensé. J'ai beaucoup aimé travailler avec les Meters et si on a été piraté c'est parce que le buisness n'a pas été fait correctement. J'ai des managers et une équipe dont le travail est de rassembler ce matériel et de me le montrer pour voir si j'aime ça. Ce n'est pas mon truc, ca, de m'asseoir et de me demander avec qui j'aimerais enregistrer un disque, j'essaye juste de voir ce que je peux faire pour faire sonner ce saxophone encore mieux. |
| Alex Oliver - Reproduction courtesy of OFFBEAT© 1996 |
| SECONDS: Il semble que
plus vous vieillissez plus vous etes funky PARKER: Vous pensez certainement que la plupart du temps, lorsqu'un artiste vieilli il ralentit le tempo. La musique funky et tout ce que ça embrasse, sauter sur scène, s'agiter en tous sens, c'est une chose avec laquelle j'ai grandi. J'ai fait ça toute ma vie. Je me sens vraiment bien dans ce style de représentation. C'est tout moi. Et aussi longtemps que je serais moi-même, la musique funky sera une partie de moi. SECONDS: Depuis les 5 dernières années, vous avez été très prolifique, réalisant des albums sous votre propre nom et aussi en tant que JB's. ça fait combien en tout ? PARKER: J'ai perdu le compte. Ce que nous faisions variait en fonction de la situation. Il y avait des fois où nous enregistrions en tant que JB's Horns. S'il y a une chose que j'ai apprise de James Brown - et c'est vrai - c'est de ne jamais laisser mon nom enterré par un autre nom. Comme je dis, cela dépend de la situation. Elle change en fonction de ce que j'estime opportun d'utiliser mon nom, Maceo Parker. Fred Wesley et Pee Wee font leur propre albums. SECONDS: Et vous jouez dessus ? PARKER: Parfois oui, parfois non. Je ne joue pas sur tout ce qu'ils font et ils ne jouent pas sur tout ce que je fais. Mais ils aiment jouer avec moi. Occasionnellement, il vont faire leur propre truc. Pee Wee a un concept plus Jazz. SECONDS: Pensez-vous que vous soyez au sommet de votre carrière? PARKER: Non. Bien qu'elle avance à grand pas, je ne pense pas être au sommet. Je pense qu'il y a encore des choses à venir. Je connais pas mal de gens et heureusement je sais que je peux compter sur eux. Je ne devrais vraiment pas en parler mais des négociations sont en cours sur les possibilités de faire des choses avec d'autre gens. Certaine peuvent marcher, d'autre non. Je suis content et très reconnaissant de ce qui arrive maintenant. SECONDS: Sur le nouvel album, il y a deux gars des Meters, Leo Nocentelli and George Porter, Jr. Avez-vous toujours été un fan ? PARKER: J'ai toujours apprécié leur style, leur concept de ce que le funk devrait être. J'ai eu l'opportunité de travailler avec eux. On a fait une petite tournée de quatre dates en Europe. Pour Southern Exposure, je voulais faire quelque chose de différent. Je voulais avoir un approche différent e tout en restant funky. La première chose que nous avons essayé est la basse synthé et ça a marché. Pas de guitare basse, juste la basse synthé. Alors on s'est dit "allons-y, on va essayer ca". Pour Southern Exposure je voulais seulement un mélange de funk. Ces gars me sont venus à l'esprit et je me suis dis "Allons à la Nouvelle Orléans pour faire ca". Et pendant que nous étions la bas, le producteur a eu l'idée d'utiliser les Rebirth Brass Band. On a pris notre pied en travaillant. J'ai écouté les Meters pendant des années et des années et j'aime vraiment l'approche qu'ils ont. J'étais vraiment content de les avoir avec moi sur l'album. SECONDS: Quels sont vos musiciens préférés ? Quelles sont vos influences ? PARKER: Ray Charles. Je l'ai entendu jouer "Lucky Old Son" et cru que je l'entendais pleurer sur l'album. Je me sentais en parfait accord avec ses paroles. J'ai toujours pensé que Ray Charles était mon musicien préféré, mon inspiration majeure dans la soul et le feeling. Cela a encore augmenté quand j'ai découvert qu'il jouait aussi bien du sax alto. J'était fou du groupe de Ray Charles. Tous. Non seulement du saxophoniste, mais de tout les cuivres. Il avait Hank Crawford et David "Fathead" Newman. Leroy Cooper jouait du saxophone baryton. Je comprenais ces gars, c'était ça. J'ai ecouté beaucoup de Stanley Turrentine avec Jimmy Smith et il y avait à l'époque un gars du nom de King Curtis qui jouait avec eux sur tous leur disques. Si quelqu'un avait besoin d'un solo de sax, il y avait toujours King Curtis. J'ai eu la chance d'avoir au lycée un professeur de musique qui jouait du saxophone. Il s'appelait James Banks. Voilà mes influences. C'est une bonne chose pour moi. C'est difficile à exprimer par des mots mais j'ai créé une certaine fraternité avec tous ces musiciens. Quand je dis fraternité il faut aussi y inclure les femmes musiciennes. Il y avait Shirley Scott qui jouait de l'orgue. SECONDS: Avez-vous jamais aimé des gars comme Ornette Coleman et Pharoah Sander ? PARKER: Pas vraiment. Mais je les respecte. Ce n'est pas parce que ce n'est pas mon style que c'est une chose négative. J'aime ce qui me met à l'aise. Il y a encore une personne que je dois mentionner et que j'aime particulièrement, c'est Cannonball Adderly. Je l'ai rencontré deux fois. En fait c'était il y a deux ans. J'ai eu la chance de parler à son frère Nat lors d'un festival. C'est le bon coté du métier, d'avoir la chance de s'asseoir à coté de quelqu'un comme Max Roach. Le simple fait d'être sur la même planète, sur la même scène que ces gars-la est incroyable. SECONDS: Que pensez-vous de votre public ces temps ci? PARKER: J'aime ce que nous faisons parce que nous satisfaisons tout le monde, tous les âges. Je peux regarder et voir tout le monde. Nous avons joué à Seatle, Washington et je me souviens d'une dame qui devait avoir quatre-vingts ans. Elle était là, dansait, bougeait, frappait dans ses mains. C'était juste une fan. J'ai adoré cette femme. Alors, vous vous rendez compte qu'il y a des gens de soixante, soixante dix ans. Avec tout ce que j'ai fait avec James Brown, le temps que j'ai passé avec George Clinton et mes quelques expériences avec des rappers, cela m'a donné une très large audience. Non seulement dans ce pays mais vraiment tout autour du monde. On va en Europe quatre ou cinq fois par an, au Japon une fois par an. On est en négociation pour faire quelque chose en Australie. SECONDS: Quand vous jouez, c'est bien de voir tous ces gens danser. Pas seulement hocher de la tête mais danser tout autour de la scène. PARKER: Nous essayons de créer une ambiance où, tout d'un coup, vous êtes en plein dedans. Je prend mon temps pour construire tout ça. Je ne dis rien du genre "Clap your hand" avant peut-être la quatrième chanson. Vous devez le faire au bon moment et les amener au point où ils trouveront ça normal. Vous ne pouvez pas seulement arriver sur scène et dire "Put your hands in the air". Certains le font mais je préfère plutôt attendre et laisser le feeling s'emparer de vous. J'adapte mon show en fonction de ça. Le public en fait partie. J'essaye de vous encourager à prendre votre pied, à vous faire faire de petits mouvements. C'est un exercice pour moi. Je ne me lève pas le matin pour faire un footing. C'est mon seul exercice. Je ne fais aucun sport, et comme je dois faire quelque chose, c'est ca, et peut-être que j'entraîne le public avec moi. C'est plus que de s'asseoir à sa place, hocher de la tête, juger la prestation de l'artiste, applaudir légèrement et puis s'en aller. Je veux qu'ils fassent plus que ça. SECONDS: Pensez-vous que c'est le retour du Funk ? PARKER: Je ne pense pas qu'il s'en soit allé nulle part. Pour ceux qui comme moi ont toujours été dans la musique Funk et sommes encore dans la musique Funk, je ne pense pas qu'il se soit arrêté. Peut-être perdue de vue tout au plus. Si vous voulez danser, faire la fête, c'est ce qu'il faut. George a l'habitude de dire "si tu veux seulement être cool et siroter ton thé, c'est un truc complètement différent. Mais si tu veux réellement te changer les idées et t'amuser, la musique Funk est faite pour toi" SECONDS: Que faisiez-vous avant de rejoindre la formation de James Brown ? PARKER: J'étais collégien. Je jouais presque comme maintenant. On jouait pas mal de musique funky. Nous jouions tout ce que nous entendions à la radio. Artistes noirs ou blancs, tout ce que les gens voulaient entendre. Maintenant ça s'appelle le Top 40. On a joué dans des endroits où régnait la ségrégation, ça se passait comme ça en ce temps là. C'était vers la fin des années cinquante. C'était notre boulot de trouver ce que les gosses écoutaient puis d'aller répéter. Nous répétions tout le temps. On jouait dans les Night Clubs. J'avais un frère qui enseigne le droit maintenant a Colombia et qui jouait du trombone. J'avais un autre frère, Melvin. Lui et moi avons rejoint James Brown en même temps. J'allais au collège depuis trois ans avant de rencontrer James Brown. Nous avions un groupe que des gens venaient écouter. J'essayais de trouver ma propre voie, mon propre style. Quand James Brown m'a entendu il a tout de suite compris ce que je voulais faire, ce que je pensais que le saxophone devait être. C'est sans doute ce qui m'a fait sortir du lot. Je n'essayais pas d'imiter quelqu'un d'autre, je voulais avoir mon propre son. C'est pourquoi je travaillais dur, tout le temps. Cela aurait été tellement facile de faire "Maceo Parker joue Charlie Parker". J'y ai réfléchis deux secondes puis j'ai décidé de laisser Charlie Parker à lui même. Je pensais qu'il serait mieux de faire mon propre truc.
SECONDS: So you joined James Brown and saw his sound go from more traditional R&B to a really stripped down raw sound. Did this just naturally evolve? PARKER: A lot of times you just have to go with what you've got. In fact, you always have to do that. You have to make the best of what's happening at the time. You have to go with the caliber of musicians that you have. It's like a revolving door, you always see someone coming, someone going. At a time, you're going to have these people working together and then somebody's going to leave, somebody's going to come back. Just like Bootsy worked with James for a while, but never during the time I was there. All the different times I was there, I never worked with Bootsy and James Brown. James was really good at getting the best out of whoever was there. When he first hired me and Melvin, he was doing "I Feel Good," "Out Of Sight" "Brother Rapp," and "Papa's Got A Brand New Bag." With "Papa's Got A Brand New Bag," the whole concept came when Melvin came in with a different type of drum beat. It was a new breed thing. When Pee Wee Ellis came in and could incorporate all those different sounds and try a little bit of the jazzy stuff, that's when it started to turn around with "Cold Sweat" and "Licking Stick." We were trying to have what we thought was a James Brown concept and try to do different things with it. I remember listening to some stuff and saying, "There's not enough James Brown in it. Go back and put some 9th chords in it." It was a little past the norm of what James was really like. It was getting way into the jazzy side so we'd bring it back a little bit home to what I thought James liked. At that point, I was one of the guys who had been there for a long time and I got to pick what I thought was the James Brown concept. But yeah, it changed. It changed tremendously from when I joined in '64. We did "Brand New Bag" in Ô65, and "We're gonna have a funky good time" in '73. That's a big jump. With the changing of the guards and the revolving door, that's what changed the concept. People were there for a while and then not there. He was very good at knowing what he had, as far as the caliber of the musicians, and coming up with something that would fit that guy. SECONDS: How would you describe the musical relationship between you and Fred and Pee Wee? PARKER: First of all, there's a lot of respect there. We find ourselves in situations where we're just together. I'm trying to think back how it was before we met. It's quite natural for a musician to want to come up, have a chance to be recorded and then have their own group and call the shots. I was really into James Brown kind of music. Fred came up in more of a jazzy situation. He was not that into James Brown. As James started really making noise and getting the hits, people would come up to Fred's local group and say, "Could y'all play some James Brown?" So many people requested James Brown stuff that pretty soon he had to play it. A couple years later he'd be hired by James Brown through some kind of recommendation. There he was beside me and two years before he was like, "Who's this Maceo Parker?" He'd rather do some J.J. Johnson music. Then there's Pee Wee, who started with Sonny Rollins. He's the musician's musician. I guess you have to be really lucky to have private lessons with Sonny Rollins. Could you imagine that? It shows because he can really play. Through Waymond Reed, the trumpet player, Pee Wee got a job with James. It was being on a team. The scouts decided they want this guy and I didn't know if I was going to be playing with this guy this year or next year. If the situation changed and we got a new guy, we were just going to make the best of it and do what we got to do. The respect is there because we went through a lot of stuff. After years of touring and living together, these things just build. SECONDS: Did you ever get fined by James Brown? PARKER: Yes! I had been in the military, so I felt that if I'm going to work for you then I have to abide by your rules. His thing was, "If I buy the uniforms and I buy the shoes, they're my uniforms and my shoes. I want my shoes shined all the time. How am I to know you have my shoes shined?" So we had inspection just like in the military. I did two years in the service so it was old hat. Think of somebody who had never been through that. They just want to play and now they've got to make sure they have grease on the shoes. Some of these things were kind of crazy. James said, "If the uniform calls for gray bowties, you can't come on stage with a black one." If you wanted to wear a black one you had to buy a whole set so everyone else could. I used to go see him before the show to find out if there were any changes. He told me, "Maceo, now listen. Before we start every show, I want you to come to my dressing room so we can go over some things." One time, he had two entrances to his dressing room. He came out of the dressing room one way and I came in the other way. So when he gets to the stage, I'm not there and when I get to the stage, he's not there. "Where's Maceo?" "Maceo went to your dressing room, Mr. Brown." "No he didn't, I just left there. " I got fined for that. SECONDS: Who got the fined the most? PARKER: Probably me or Pee Wee. Pee Wee took a lot of chances. James' biggest thing was, "If you want to chase the little girls after the show, that's okay. But don't do it in my uniform." Pee Wee didn't care about that too much. We'd see him the parking lot with his saxophone talking to some girl. We thought that was kind of bold of him. SECONDS: So where there lots of girls around after the show? PARKER: Yes. It took me a while to understand that a lot of them just wanted to meet James. "If I just smile at this guy in the group, maybe I'll get a chance to see James." But it was common to have roomful of fans at the end of the night. I'll put it that way. SECONDS: When you were in Parliament, did it offer you more freedom in your playing? PARKER: Yeah, I could do anything I liked. It was almost too much freedom. Coming from that rigid thing with James Brown, it was like going all the way to the other side. I worked up to the point where I was the bandleader with George and that's when it was really easy. If I wanted to, I could go there, tell them what to do and leave. That's the kind of arrangement we had. We had a lot of fun with George. I heard they're trying to bring out the spaceship again. SECONDS: In retrospect, what did you make of the whole P-Funk experience? PARKER: It's George. It's his concept. I viewed it like a circus, a three-ring circus. He gave his fellow performers the freedom to do whatever they wanted to do. There are parts you have to sing, they had rehearsals, but as far as how you wanted to look, you could do whatever you wanted. It was up to you. Ain't nothing but a party, come as you are, come as you like. It was totally different from what I was accustomed to with James Brown. And all the different phrases they'd say - SECONDS: "Shit, Goddamn, Get Off Your Ass And Jam." PARKER: All that. We'd never say anything like that with James! It's George's thing - that's his. It took a minute to get used to that. SECONDS: How come Pee Wee never joined P-Funk with you and Fred? PARKER: Pee Wee was, like I said, more of a musician's musician. He was a bandleader with Van Morrison, he did Esther Phillips, and he was in the studio a lot. He did a lot of roaming around. He was in San Francisco for a long time freelancing. I don't think a group concept catches him too much. He liked being in a group of his own at home. Nobody knew Pee Wee from James Brown as well as they knew me and Fred. Pee Wee was sort of a background player. SECONDS: What's your opinion on why the Parliment-Funkadelic empire collapsed? PARKER: As I said, the whole thing is George, and it just got to the point where he decided to take some time off. The business was a little screwy, for whatever reason. SECONDS: If the money was there, would you go back? PARKER: No. I'm happy to have had that but I couldn't go back. I wouldn't be comfortable with that. SECONDS: I have to assume you can just make more money on your own. Same for Bootsy,too. PARKER: Exactly. Even if I was making millions of dollars, I wouldn't be comfortable in that situation. I wouldn't be comfortable with James now. SECONDS: Back in those days, were jazz musicians dissing you for playing funk? PARKER: No, jazz musicians were just dissing funk, period. But I was paying bills while they were dissing funk. Fred wanted to be one of those jazz musicians but he wasn't eating until he worked with James. Now he can eat and go back and get a chance to do the jazz thing. SECONDS: How would you like to be remembered? PARKER: Now that I'm as old as I am, I don't think it's important to be known as a musician. If people could just remember me as a nice guy, that's most important. |
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